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Chapitre 25 Hamster-Ball et autobronzant

  C'est qu'une fois par jour, et c'est maintenant. évidemment. La statistique -988 ne dort jamais.

  Le sas siffle. L'air se comprime. ? Scully, je vais crever. Mon aventure foireuse s'arrête là. Déchiqueté dans un piston d'air comprimé. ?

  Je me fige. Ma voix. Elle est redevenue grave. Rauque. Humaine. Le malus est fini. Je ne mourrai pas avec une voix de canard. C'est ma seule victoire de la journée.

  ? Au moins, c'est pas commun, hihi. ?

  Elle flotte devant moi, indifférente à la pression qui commence à me faire saigner du nez. ? Donc ?a ne te fait vraiment rien si je meurs ? ?

  ? Ohhh, hihi. Si. Ce serait du gachis. J'aime bien tes catastrophes. ?

  Le sifflement devient un hurlement. Je sens mes c?tes, déjà fêlées, grincer. La valve principale commence à s'ouvrir devant nous.

  ? Tu veux quoi ? Que je te supplie ? ?

  Scully s'approche. Elle ne sourit pas. Ses yeux indigo br?lent. ? Non. Je ne veux pas de tes mots vides, Murphy. Si tu veux un sort de protection, c'est toi qui paie, laisse moi prendre ce qu'il faut. Hihi ?

  ? T'as déjà toutes les clés, bordel ! ?

  Elle pose sa petite main griffue sur mon sternum. Je ne sens pas le tissu de mon pardessus. Je sens le froid. Un froid absolu, polaire, qui traverse la peau et les muscles.

  ? Dis : "Je me soumets". ?

  La pression monte. Ma vision se trouble. C'est ?a ou la purée. Je crache du sang.

  ? Putain fait chier ! Je me soumets ! ?

  Sa main s'enfonce. Ce n'est pas une image. J'ai l'impression qu'elle plonge le bras dans mon thorax pour serrer mon c?ur. Elle tire. Elle ne siphonne pas mon mana. Elle l'arrache. Je hurle, mais aucun son ne sort, mes poumons sont vides.

  Je jette un ?il au miroir, ma main crispée. PM : 0.

  ? Hihi. C'est parti mon Murphy. ?

  Elle claque des doigts. L'air autour de nous se contracte, se solidifie, devient noir. Une sphère d'énergie du Néant se forme. Solide. Opaque. Une boule de hamster de l'enfer.

  Je ressent le grondement sourd de la barrière qui racle contre le métal. La "chambre" du fusil recule. Le coup part.

  CRRRRK FWUMP.

  On est propulsés.

  La boule roule. Je ne suis pas attaché. Je suis projeté contre la paroi magique. C'est une machine à laver en mode essorage, remplie de briques.

  BAM. Je percute quelque chose de dur qui vole avec moi dans la boule. Le piston hydraulique.

  ? A?E ! Putain ! ?

  This text was taken from Royal Road. Help the author by reading the original version there.

  Je me recroqueville en position f?tale, serrant mon arme contre moi, pendant que le monde n'est plus qu'une série d'impacts et de lumières stroboscopiques violettes à travers la coque.

  Je sens Scully sur ma tête. Ses griffes sont plantées dans mon cuir chevelu pour se tenir, comme un rodéo. ? PLUS VIIIIIITE ! ? hurle-t-elle directement dans mon cerveau. ? OUH ! LOOPING ! ?

  Cette saleté s'amuse. Moi, je calcule combien de dents il me reste.

  Le tube s'incline. Je suis plaqué contre la barrière. La vitesse augmente encore. Je sens mon estomac remonter dire bonjour à mes amygdales. J'entends des dings de notifications dans ma tête.

  Soudain, la pression change. Le tuyau s'élargit brutalement. La boule ne touche plus les parois. La magie de Scully s'évapore instantanément.

  Plus de barrière. Plus de sol. Plus de mana.

  Je suis en chute libre dans la pénombre.

  Je tombe. Je mouline des bras comme un idiot qui essaie de s'accrocher au vide.

  En dessous de moi, un immense lac scintille d'une lueur turquoise maladive. Je n'ai même pas le temps de me demander comment de l'eau peut briller sans soleil.

  SPLAT.

  L'impact n'est pas liquide. Il est dur comme du béton. L'eau ne s'écarte pas, elle se brise presque. Je coule à pic.

  Je retiens mon souffle. Mes poumons br?lent. Ce n'est pas de l'eau. ?a a la viscosité de l'huile moteur et ?a sent le chlore concentré. ?a attaque les muqueuses. Je suis en train de mariner dans du solvant industriel.

  Je bats des jambes pour remonter, mais quelque chose me tire vers le fond. Le piston. Quatre kilos d'acier et d'hydraulique. Je coule comme une victime de la mafia.

  Je regarde le fond vaseux qui approche. Je regarde mon piston. Mon seul loot. Mon arme. Je serre la poignée.

  Non. Je ne lache pas.

  Je donne un coup de rein. Je nage. Je ne bouge pas d'un centimètre. Je continue de couler. Mes poumons hurlent pour de l'air. Des points noirs dansent devant mes yeux.

  Ok. L'univers a gagné.

  Mes doigts s'ouvrent contre ma volonté. Je lache la poignée avec une envie de pleurer. Allégé, je donne un grand coup de talon dans la vase et je fuse vers la surface.

  Je crève la surface en gaspillant le peu d'air qu'il me reste. ? BWAH ! ? Je recrache une goulée de liquide bleuatre. ?a a le go?t de javel. Mes yeux me piquent atrocement.

  Je nage, ou plut?t je me débats dans la mélasse, vers le bord. Ce n'est pas de la terre ferme. C'est une grille métallique rouillée, grasse, qui longe le réservoir.

  Je m'agrippe aux barreaux. Je me hisse. Je suis trempé, lourd, épuisé, et ma peau fume légèrement. Je roule sur le dos, haletant.

  Je suis vivant. Mais je suis à poil. Plus d'arme. Plus de dignité.

  Je sors la dernière potion de soin. Je l'avale d'une traite.

  CLANG !

  Quelque chose percute violemment la grille à dix centimètres de mon oreille. Je sursaute. Je tourne la tête.

  Le piston est recraché par la pression. CLANG. L’hématome est instantané sur mon tibia.

  Je le regarde. Il luit, couvert de bave turquoise.

  ? Bordel, même quand je jette un truc, il revient pour essayer de me tuer. ?

  Je tends la main et je le récupère. Je ne lache plus jamais ce truc.

  Je me redresse sur les coudes. Le "Réservoir Intermédiaire". Une chapelle de tuyaux et de chutes d'eau usée. Le bruit est assourdissant. L'air est saturé d'humidité chimique. Tout brille de cette lumière turquoise.

  ? Encore ! On y retourne ! Hihi ! ?

  Je l'ignore. Je tape sur le c?té de ma tête pour vider le liquide de mon oreille.

  ? APA ? T'es vivant ? ?

  Un grésillement statique, puis une voix de robot dans ma tête.

  ? R-redémarrage... Gyroscope recalibré... J'ai v-vomi des données corrompues, Murphy. ?

  Je m'essuie les yeux qui pleurent à cause des vapeurs. ? Bienvenue au club. ?

  Je regarde autour de moi pour une sortie. Pas d'escalier. Pas d'échelle. Juste des murs lisses et suintants. Sauf à un endroit. Au milieu de nulle part, encastrée dans un enchevêtrement de tuyaux rouillés qui ne mènent nulle part, il y a une porte. Une porte en bois verni. Avec une poignée en laiton propre. Et un sticker rouge et jaune collé de travers : DOOMSDAY INSURANCE.

  Un squelette desséché est assis à c?té, recroquevillé contre le mur. Dans sa main osseuse, il serre encore un petit ticket en papier : Numéro 2.

  C'est aussi logique qu'un distributeur de boissons sur la Lune.

  Je me lève et je m'approche. Je vérifie derrière : il n'y a rien. Juste le tuyau. La porte donne sur le vide. Je frappe trois coups. Toc. Toc. Toc.

  Pas de réponse. Une fumée orangée commence à filtrer sous la porte. ?a sent le soufre et… L’autobronzant?. Clic. La serrure tourne toute seule.

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